Au moins les choses ont le mérite d’être claires. Sur France Inter, au journal du soir du dimanche 19 février 2012, la différence de traitement des deux principaux candidats à l’élection présidentielle est flagrante. Dans le rôle du flingueur, c’est Nicolas Sarkozy qui lors de son premier meeting à Marseille “recycle les vieilles recettes”. Et ce n’est pas tout : “il porte des coups très violents à son adversaire socialiste”. D’ailleurs, “les trois quarts de son discours sont passés à taper sur François Hollande” qualifié de “menteur” et de “malhonnête”. Concernant son concurrent, c’est un tout autre son de cloche. Il était ce dimanche sur le marché du boulevard Richard Lenoir dans le 11ème arrondissement de Paris. Il arpente les allées. La journaliste nous le décrit détendu, “le teint halé, le sourire aux lèvres, il serre la main, il fait la bise aux femmes et embrasse les enfants”. Et puis, Monsieur Taïeb est là, un marchand de fruits et légumes, qui lui offre une clémentine. Il est très emballé Monsieur Taïeb :” Le 22 avril il mettra un bulletin Hollande dans l’urne” . Il y a même une Californienne qui adore Hollande ! C’est bon enfant, les gens scandent “François Président !” D’un côté le méchant et de l’autre le bon. Les messages les plus simples sont les plus efficaces. Ecoutez la différence, c’est ici.
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Quand France Inter roule pour François Hollande
22/02/2012Publié dans Actualités, Articles récents | Tagué France Inter ; Nicolas Sarkozy ; François Hollande | 1 commentaire »

Georges Farias, l’homme qui « écrit » des icônes
17/02/2012
Georges Farias était catholique. Il s’est converti à la religion orthodoxe. Il est né au chili, il vit aujourd’hui à Cherbourg. Visite de son atelier où il se consacre à l’iconographie, l’art sacré.
Une table de dessin, des pinceaux, un compas. Sur des étagères, une pyramide de pots de couleur. Des calques et des brouillons. Sur les murs, les icônes de Saint Athanase, Saint Evangéliste Marc, Saint Syméon Stylite… C’est l’atelier de Georges Farias, iconographe. Il a 40 ans, porte la barbe et un poncho rappelant son Chili natal.
Il découvre l’iconographie alors qu’il est lycéen à Conception. Tous les vendredis soir, à minuit, il prend le bus pour Santiago. Sept heures de voyage pour suivre les cours de Juan Echenique, iconographe orthodoxe. Qui lui transmet son savoir pendant quatre ans. A ses côtés, il prépare les dessins et pose les couleurs. A la façon d’un maître et de son assistant.
Son voyage à Jérusalem, en 1995, marque un tournant. « Je découvre les richesses de l’Orient Chrétien » au contact de moines orthodoxes rencontrés au Saint Sépulcre. Sur place, il prend conscience que « l’orthodoxie donne une vision sensible » à travers l’image, l’architecture. « En tant qu’iconographe, je me suis aperçu que j’étais dans une ambiguïté dans l’Eglise catholique, l’image n’étant pas incluse dans la liturgie ». De retour au Chili, dans son premier atelier, il réalise des fresques pour l’Eglise catholique tout en séjournant régulièrement en Europe. Mais l’Orient lointain lui manque. Il ne se sent pas en accord avec le monde catholique, ni avec son pays : « Le Chili ne pouvait pas me donner ce que je cherchais ».
Une commande de fresque copte et c’est l’occasion de venir en France. Il se marie en Normandie et s’installe à Cherbourg où il se consacre désormais à son art.
« La seule règle, c’est la tradition»
Avant « d’écrire » une icône, Georges Farias se réfère aux modèles anciens. « Je consulte des ouvrages de sources iconographiques, des livres d’art et les textes sacrés ». Sur son pupitre, un évangile ouvert sur des enluminures du Moyen-Âge. « L’image doit être fidèle aux prototypes, aux sources. La seule règle, c’est la Tradition. » Puis vient le dessin de l’icône sur un calque. « Je passe ensuite plusieurs couches de colle sur un support en bois de tilleul. »
Après la pose d’une toile de gaze, le support est enduit de levkas, mélange de colle et de blanc d’Espagne. « Lorsque l’enduit est bien sec et lisse après le ponçage, je dessine l’icône. Je grave chaque trait avec une pointe métallique pour repérer les futures nuances de ton, comme dans les plis d’un vêtement. » Viennent ensuite les couleurs. « Tous les matériaux doivent être nobles comme symboles de la royauté de Dieu.» Lapis-lazuli, rouge d’Ercolano, ocre, terre de Sienne brûlée, les couleurs ont pour origine des pigments naturels mélangés à du jaune d’œuf. Technique traditionnelle de la Tempera qui donne de la transparence. « Je pose le proplasme, c’est la première couche de peinture, la plus foncée. Et je fais monter la lumière en l’éclaircissant par voiles successifs pour donner du relief. »
Après six mois de séchage, il ne reste plus qu’à protéger l’icône avec l’olifa, un vernis à base d’huile de lin.
Un iconographe très orthodoxe
« L’essence de l’icône, c’est la représentation de la sainteté de la personne.» Ses origines remontent au 3ème siècle après J.C, chez certaines populations juives converties au christianisme. Plus tard, l’empire Byzantin interdira l’icône par crainte de l’idolâtrie. C’est la crise de l’iconoclasme. « La base théologique de l’icône, c’est que le Christ s’est incarné, on peut donc le représenter. Dans le monde orthodoxe, l’iconographe a une mission reconnue par le corps ecclésial, il a une mission de transmission. » Catholique de tradition, Georges Farias s’est finalement converti pour vivre son art au plus près. « Le fait d’être iconographe a facilité le passage vers l’orthodoxie » précise-t’il.
Au mur de l’atelier, une esquisse au dessin d’un projet de vitrail pour le Chili.
Georges Farias travaille actuellement sur une Croix de style byzantin d’un mètre soixante-dix de hauteur pour la communauté de la Cotellerie près de Laval. Il se documente et a déjà réalisé plusieurs dessins. D’autres travaux sont en cours : une icône de la Vierge et une icône de la Transfiguration. On quitte l’atelier avec le sentiment d’avoir approché un monde d’une richesse insoupçonnée. Doucement, la porte se referme sur les dorures et les bleus profonds.
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