Archive pour la catégorie ‘Société’

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15 septembre 2010 : la journée du transport public

07/10/2010

La journée du transport public s’est déroulée le 15 septembre 2010 partout en France. En toute discrétion. Si vous vivez dans une métropole, il est fort probable que ce soit pour vous tous les jours l’enthousiasmante journée du transport public. Si vous vivez à la campagne, il n’y pas de transport public.

Le site  Internet de promotion de cette grande fête  nous informe que cette journée ouvre la semaine de la mobilité et de la sécurité routière. La Ville de Paris fêtait en effet le vélo et les mobilités électriques le week-end du 18 et 19 septembre 2010.

On doit cependant se demander si le vélo constitue bien un transport public. A partir de combien d’usagers la bicyclette peut elle-être considérée comme un transport public ? Read the rest of this entry ?

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Ligne 325, Vincennes – Bibliothèque François Mitterrand, via Maisons-Alfort

30/07/2010
Avenue Général de Gaulle, le Limes, frontière invisible entre Maisons-Alfort et Alfortville. Franchir l’avenue, en direction d’Alfortville. Faire une centaine de mètres jusqu’à l’arrêt de bus. 

Attendre 10 minutes. Il pleut.

Montez dans le bus. Une femme noire nous passe devant. Elle descendra 300 mètres plus loin. Prenez place. J’oubliais : compostez votre titre de transport.

Peu de monde en ce mercredi après-midi 14 juillet.

Trois jeunes s’engouffrent à leur tour. T-shirt, Nike et pantalon de survêtement Adidas. La mode est élégante. Ils ne compostent pas. Il sont chez eux et se dirigent directement vers les places arrières.

Une femme noire monte avec une poussette.

Le bus repart vers la grisaille. Le pont au-dessus de la Seine. Arrêt suivant. Puis Ivry.

Quelques nouveaux voyageurs ; un homme portant une veste avec une très forte odeur de transpiration imprégnant ses vêtements. Pas agréable. La grisaille est dehors et dedans. La population est pauvre et mal habillée. Dans la rue, c’est sale.

Les trois jeunes d’origine maghrébine nous font partager leur musique qui braille, nasillarde, d’un téléphone portable vissé à la main.

Un peu plus loin, l’homme à la veste descend à son tour. On le surprendra à soulever quelques déchets dans une poubelle en quête de nourriture.

Le bus continue le long des quais de Seine. Paris. Puis, l’arrivée à Bibliothèque François Mitterrand. Cinéma MK2. Changement de décor. Bienvenue chez les Bobos consommant culture et terrasses de café.

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Entretien avec Gérald Demôle, résistant, “Franc-tireur de l’intérieur”

19/06/2010
- Céphéides : Gérald Demôle, bonjour. Le blog Céphéides vous remercie d’accorder cet entretien et d’avoir trouvé le temps de nous recevoir dans votre agenda médiatique surchargé. Le grand public sait que vous êtes toujours par monts et par vaux, pris par vos activités d’intellectuel. A traquer l’injustice, à résister…

C’est ici, dans un grand hôtel niçois que vous aimez vous ressourcer et vous extraire du regard du monde ?

- Gérald Demôle : Oui, j’aime beaucoup ce lieu, qui est très reposant. Les palmiers, la piscine… A deux pas de la plage. C’est une retraite en quelque sorte. Les gens sont très sympathiques, ils sont fraternels. N’oublions pas que nous sommes ici en zone libre.

Gérald Demôle part d’un grand rire.

- Céphéides : Vous avez suivi avec intérêt les commémorations de l’appel du 18 juin 1940. Qu’est-ce que cela évoque pour vous ?

- Gérald Demôle : Cela renvoie à notre époque, qui est tout sauf héroïque. Beaucoup pensent qu’il n’y a plus de combat à mener. L’époque est résignée. Le 18 juin 1940, c’est tout le contraire de la résignation, c’est l’espoir et le souffle de la liberté.

Nous sommes au bord de la piscine, une jeune femme en bikini s’approche. C’est la serveuse. Gérald Demôle commande un banana split.

- Gérald Demôle : Je regrette parfois de n’avoir pas vécu ces moments exaltants. J’aurais rejoint Londres dès les premières heures pour batailler contre les nazis.

- Céphéides : Vous vous qualifiez de franc-tireur de l’intérieur, de résistant. Mais quel acte de votre vie qualifieriez-vous d’acte de résistance ?

- Gérald Demôle : Et bien, je pourrais vous parler par exemple du 21 avril 2002. C’était un très beau week-end ensoleillé, je n’avais pu aller voter car j’étais justement venu ici me reposer en posant une RTT. Merci mon p’tit (Gérald Demôle s’adresse à la serveuse qui revient avec le banana split et lui donne une petite tape sur les fesses). Donc le 21 avril, oui, je me suis effondré à l’annonce des résultats du 1er tour, c’était presque irrationnel, j’étais submergé par l’émotion, une vraie fontaine. C’était en quelque sorte mon 18 juin 40, une capitulation inacceptable. Il fallait retourner au combat, prendre des coups. Rien n’est jamais acquis, même dans la patrie des droits de l’homme. J’ai donc quitté Nice en catastrophe le lundi soir pour rejoindre Paris qui commençait à s’animer. Premières manifs, réunions… Entrer en résistance. Je crois en fait qu’on n’entre pas en résistance, c’est un état permanent, de dire non, de s’opposer au risque de sa vie. Donc, peu à peu les choses se sont organisées, j’avais mes entrées à France Inter, pendant quinze jours on a tenu l’antenne, avec Pascale Clark. Voyez-vous, partout à l’étranger, une telle quinzaine aurait été qualifiée de propagande. En France, c’est de la résistance. C’est ça la France, ou plutôt une certaine idée de la France. Ca a marché, les fachos ne sont pas passés. No Pasaran !

- Céphéides : Et dans la France de 2010, vous pensez qu’il y a encore matière à résister ?

- Gérald Demôle : Plus que jamais. Les libertés sont rognées une à une. Il faut plus de garanties, plus de lois, plus de droits. Prenez par exemple les fichiers de Police. Les caméras de surveillance. Atteinte à la vie privée. Scandaleux ! Qui le dit ?

- Céphéides : Mais vous vous êtes fiché vous-même sur facebook, on connaît vos moindres faits et gestes, vos fréquentations, vos amours, vos vacances, des vidéos de vos soirées. Vous twittez du matin au soir… Vous êtes un intello médiatique !

- Gérald Demôle : Certes, mais c’est librement consenti. Ce qui compte, c’est la liberté, le libre consentement. N’oubliez pas : Liberté Egalité Fraternité. Et j’ajoute : Résistance ! Avec le risque à peu près certain de l’inconfort, inconfort matériel, et le risque du rejet social.

- Céphéides : Pour quelle personnalité actuelle avez-vous de l’intérêt ?

- Gérald Demôle : Et bien, je suis avec attention le parcours de Jérôme Kerviel, entré en résistance contre les puissances financières qui le persécutent. Je vais d’ailleurs lancer une pétition de soutien et lui proposer de se réfugier dans ma résidence du Sud-Ouest, près de Biarritz. Vous savez, il faut craindre l’argent, ses tentations, sa corruption. Il faut le mettre loin de soi.

- Céphéides : Quelle forme peut prendre la résistance aujourd’hui ?

- Gérald Demôle : je répondrai tout de go : la résistance du coeur. Il faut opposer son coeur, le “Care”. Ecouter ses émotions et sa générosité. La résistance doit être citoyenne : il faut que chacun reprenne les commandes politiques en étant à l’écoute de l’autre, dans la fraternité.

- Céphéides : C’est presque un sermon.

- Gérald Demôle : Vous me connaissez, je condamne toute religion, je suis pour la laïcité de combat, il faut lutter pied à pied contre toute forme d’intolérance.

- Céphéides : Oui, mais concrètement, les apéros à la Goutte d’Or à Paris  ?

- Gérarld Demôle : J’ai été fort agréablement surpris par la réaction de l’Etat sarkozyste qui a interdit cet apéro “saucisson et pinard”, qui de fait aurait exclu toute une catégorie de la population. C’est une décision surprenante de la part de ce régime. J’en prends acte. Cela va dans le sens de la tolérance et du vivre ensemble. Mais je crains que ça ne dure pas.

Céphéides : Pas de liberté donc pour les apéros “saucisson et pinard”. Pourtant, y vient ou n’y vient pas qui veut, en toute liberté. Après tout, les restrictions auxquelles on se soumet pour des raisons de conviction religieuse sont librement consenties. Il ne devrait donc pas y avoir de sentiment d’exclusion. Que pensez-vous de l’ouverture des piscines à des horaires réservés à telle ou telle catégorie de la population ?

Gérald Demôle : J’y suis favorable. Il faut que chacun ait accès à toutes les activités de son choix, sans distinction, ni discrimination.

Céphéides : Merci Gérald Demôle, nouveau résistant, de nous avoir apporté l’éclairage d’une pensée décidément à contre-courant.

A l’issue de cet entretien, nous sommes allés dîner dans un restaurant italien d’un repas qui pourrait être qualifié d’identitaire, sans aucun trouble à l’ordre public.

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Apéros géants

19/05/2010

Apéros géants via Facebook, un communiqué de la ligue de protection de l’arbre

L’”apéro géant” organisé samedi 15 mai au Mans par les adeptes de Facebook a fait l’objet d’un contre apéritif. Les policiers, venus sans tire-bouchon, ni trompette,  se sont en effet invités à la fête. Ils étaient 200 pour 500 participants. Ces derniers, moins nombreux que prévus et bien décidés à fêter dignement, s’étaient munis de bière, whisky et vodka.

Dérangés à l’heure de l’apéro, les policiers avaient pour mission d’empêcher la jeunesse de s’alcooliser. Le message était clair : pas d’alcool à l’apéritif.

Un reportage télévisé nous a donc présenté un policier obligeant un individu communément appelé “jeune” à vider sa bouteille de whisky au pied d’un arbre de la place. Ses amis étaient invités à faire de même.

Toute mesure a des effets pervers. Et celle visant à interdire la consommation d’alcool lors de ces manifestations sauvages n’est pas sans conséquence.

La ligue de protection de l’arbre s’est émue du déroulement de cet apéritif géant et du spectacle affligeant de bouteilles d’alcool vidées au pied des arbres.

La ligue de protection de l’arbre ne conteste pas le droit de chacun à s’alcooliser, quel que soit son origine ethnique, sa tenue vestimentaire, ses convictions religieuses ou son orientation sexuelle, lors des apéros géants organisés par Facebook, manifestation festive du vivre ensemble.

Mais elle rappelle, qu’associée à la ligue contre l’insécurité routière et à la ligue anti-alcoolisme, elle combat depuis de nombreuses années toutes les formes d’alcoolisme,et spécifiquement l’alcoolisme des arbres.

Elle rappelle les effets désastreux de cette dernière forme d’alcoolisme, les arbres ivres morts traversant les routes, après une soirée arrosée.

Les platanes ont payé un lourd tribut.

C’était l’autre siècle.

Elle rappelle la campagne annuelle de la fête de l’arbre, dont le but est la sensibilisation du grand public au problème des arbres.

Elle condamne donc l’irresponsable décision étatique d’interdiction de l’alcool au Mans ayant conduit à l’alcoolisation des arbres, annonce la création d’une vigie et en appelle au gouvernement pour conduire un débat national “réflexion autour de l’arbre et la jeunesse”.

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Lettre d’un abstentionniste à Monsieur le Président de la République

13/04/2010

Monsieur le Président de la République,

Deux phrases sont à retenir en ce début de printemps. Elles expliquent votre débâcle électorale. Il vous faudra les méditer.

Vous vous êtes rendu fin mars, accompagnée de votre épouse, aux Etats-Unis pour une visite officielle où vous avez rencontré Barack OBAMA.

Vu de France, on a pu se demander si le Président américain, peiné de vos exploits électoraux, ne s’était pas prêté à une opération de communication élyséenne. Via la télévision française qui a abondamment relayé l’évènement, et à destination des Français évidemment, les Américains n’ayant que faire de Nicolas SARKOZY, Président de la République française. C’est ainsi.

Il fallait vous voir blaguer avec Barack OBAMA, vous faisiez votre show, atmosphère détendue, sourires. C’est vrai, vous nous l’aviez dit lors de sa visite en France, alors qu’il était en campagne : “Barack OBAMA, c’est mon copain”. Vous lui aviez prodigué quelques conseils pour gagner les élections, vous étiez élu, lui pas encore. Ça donne de l’ascendant.

Depuis, on entend souvent que votre amitié n’est pas réciproque.

Vous avez félicité le Président OBAMA pour sa réforme sur la santé, vous leur avez rappelé aux Américains que nous en France, comme on est les meilleurs du monde, la sécurité sociale, on l’avait depuis cinquante ans. C’était l’occasion de faire la morale, toujours bien de faire la leçon pour un Français.

A la télé par contre, ils ont été impressionnés : vous avez dîné en tête à tête, avec vos épouses respectives, dans les appartements privés du couple présidentiel. Ça en jette ! Et vous aimez ça. Surtout que vous aussi, il est possible que vous n’aimiez pas tant que ça le Président OBAMA. Il est grand, il a une belle femme, plus grande que la vôtre ? et il est à la tête du pays le plus puissant du monde. Vous êtes peut-être un peu jaloux. Vous n’aimez pas la concurrence.

On doute que vous vous présentiez en France en 2012. Vous n’auriez pas l’intention par hasard de faire président des Etats-Unis ? Maintenant que vous connaissez l’job.

Vous l’aviez dit aussi,à peine élu, avec cette spontanéité toute enfantine : Président de la République, finalement, c’est pas si difficile que ça.

Et puis, vous avez prononcé cette phrase, parmi tant d’autres, vous parlez tellement, avec ce style qui est le vôtre : ” l’Président OBAMA, quand i dit queque chose, i tient parole”.

Mais cette phrase, ” l’Président OBAMA, quand i dit queque chose, i tient parole”, cette phrase, elle semble tout droit sortie de votre subconscient. Vous ne l’avez pas censurée, elle est venue comme ça, sans réfléchir. Par contre la suite de la phrase, vous ne l’avez pas prononcée. Il ne valait mieux pas.

La suite, sous-entendue, la voici : ” pac’que moi, quand j’dis queque chose, j’le fais pas. I faut pas m’croire”.

Remarquez, Monsieur le Président, que vous l’ayez prononcée ou pas, les Français, l’avaient bien compris :ils vous l’ont dit à leur manière au mois de mars.

La deuxième phrase est du député UMP, Thierry MARIANI, qui a, d’une certaine façon, donné une explication de l’épisode électoral du mois de mars : ” Quand on est pris pour un con, il faut savoir à un moment terminer les choses”.

Et oui, Monsieur le Président, ” quand on est pris pour un con”, un jour, on vous le retourne.

Ce sont ces deux phrases auxquelles vous devez réfléchir : elles expliquent vos trois premières années d’exercice.

Après vous être spécialisé dans la libération d’otages avec votre épouse de l’époque, premier coup de communication, suivi une étape du Tour de France, sur votre lancée, vous vous êtes dit: on va s’attaquer au pouvoir d’achat des Français. Vous l’avez sorti de votre chapeau à la sortie des vacances d’été.

On s’est dit : qu’est-ce qu’il nous fait ?

Depuis quand le Président de la République est-il en mesure d’améliorer le pouvoir d’achat ? Pour qui nous prend-il ?

Sauf que Solange du Mans, elle y a cru. Elle a appelé Europe 1 et a confirmé qu’il y avait un problème de pouvoir d’achat en France. Y’a qu’a voir le prix des yaourths chez Leclerc ! Et avec l’Euro, alors !

Remarquez, ce coup de communication, ça a marché. Pendant quinze jours, serviles, les radios et les télés se sont ruées sur cette nouvelle marotte du pouvoir d’achat.

Sauf qu’à plus long terme, les yaourths lui sont restés sur l’estomac à Solange. Surtout qu’avec la crise … Solange, elle a perdu son travail. Alors le pouvoir d’achat, elle pourrait vous en parler…

Pendant ce temps là, vous vous êtes augmenté votre traitement. Quand on la main dans le pot de confiture …

Et puis, vous vous êtes dit, finalement, Président de la République, c’est pas si difficile que ça. Il suffit de balancer un truc dans l’actualité, tout le monde s’engouffre sur le sujet. Et voilà, le tour est joué.

La commission ATTALI a fait couler beaucoup d’encre pendant des semaines et puis on a appris qu’on préférait mettre le rapport au placard. Jacques ATTALI s’en est allé tout penaud.

On entend parfois que la réforme des régimes spéciaux ne serait finalement pas allée jusqu’au bout, c’est vrai que la grève s’est terminée assez rapidement.

Par quel tour de passe-passe ?

On lance un débat sur le port de la Burka. Problème crucial de la société française ! L’identité nationale ? Incontournable. Même si ça ne débouche sur rien. Ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est occuper le terrain.

On nous annonce Guy Môquet à toutes les rentrées scolaires, des caméras de surveillance et des portiques dans les collèges. Pour quels résultats ? Dans une société déliquescente, les violences continueront.

Il vaudrait mieux s’interroger sur leurs causes et réfléchir aux politiques à mener. Mais c’est plus difficile. Réfléchir, lire …

Un marché de l’emploi bloqué, des mentalités à changer, une croissance qui patine depuis des décennies. C’étaient les défis à relever pour la vieille France.

Il y avait pourtant de bonnes idées, tenez, par exemple, celle de votre représentant de commerce, Xavier BERTRAND : “il faut créer des emplois, parce qu’un emploi créé, c’est un salaire à la fin du mois”.

La taxe carbone, réforme fiscale aussi importante que l’abolition de la peine capitale paraît-il. Des semaines de débat, dans les médias, au Parlement, des polémiques pour une taxe incompréhensible qui serait remboursée aux ménages assujettis ! Une usine à gaz que vous avez finalement décidé de supprimer du jour au lendemain. Tout ce temps, ce travail passé pour rien ! Que d’énergie perdue.

On s’est même demandé si la fronde de Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, n’était pas de la comédie, pour vous permettre de la sermonner et la remettre en place de façon cinglante afin de démentir une vilaine rumeur.

C’est qu’on vous a découvert plus écologiste que les Verts et Europe Ecologie réunis au mois de décembre, vous, le citadin jusqu’au bout de ses Rayban. Cette fibre verte s’est révélée au monde lors du sommet de Copenhague. Vous avez rêvé d’un succès, vous vous êtes démené, agité comme vous savez le faire. Là encore, vous flairiez le bon coup politique, pour ramener ensuite la couverture.

Votre politique, c’est la politique des coups.

Mais, vous aurez beau vous agiter dans tous les sens, ça ne marche plus, ça ne prend plus.

Le problème, c’est que vous ne faites pas président. Dans le Vercors ou sur le Plateau des Glières, vous n’avez pas la prestance et la solennité. Pas l’épaisseur.

Vous êtes jet-set sur un yacht, au Cap Nègre ou sur un lac aux Etats Unis avec les filles à bord, Dati & Co. Vous êtes un cliché ambulant, vous vous vantez qu’en France, quand il y a une grève, on ne s’en aperçoit plus, vous tapotez sur la fourmilière du bout de votre bâton, comme un sale gosse, pour l’exciter, vous vous proclamez  DRH de l’opposition.

Comment pouvez-vous être à ce point arrogant quand on a une épouse aussi ingénue ?

Alors que vous deviez être le Président de tous les Français.

Mais dès le début, vous avez confirmé tous les préjugés de ceux qui ne vous étaient pas naturellement acquis.

D’ailleurs, vous ne pouvez plus vous déplacer en province sans le cortège de CRS avec des rues barrées par les bus, depuis votre visite à Saint Lô dans la Manche.

Vous détestez être contrarié.

On va aimer vous voir contrarié durant les mois à venir.

Alors, méditez bien, M’sieur l’Président.

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Virginie

01/02/2010
Elle était heureuse car elle venait de trouver ce petit appartement, coquet et très bien agencé au dernier étage d’un immeuble donnant sur une avenue parisienne. Il lui avait fallu plusieurs semaines de consultations d’annonces, de visites et de patientes recherches où elle avait dû répondre aux questions indiscrètes de propriétaires inquisiteurs. Vivait-elle seule ? Pourquoi vivait-elle seule ? Envisageait-elle cependant de se marier dans les mois à venir ? Avait-elle un animal de compagnie ? Bref, rien que de très normal.
Elle était restée évasive sur de nombreux sujets, notamment concernant l’adoption d’un petit fox terrier ou d’un ratier. On en voyait beaucoup depuis quelques mois à Paris et la vivacité de ce petit animal, toujours en activité, l’amusait beaucoup.Elle s’était ravisée par la suite au moment où la presse rapportait de nombreux cas d’attaques de chien, hélas souvent mortelles. Ce problème s’était en effet posé avec acuité pendant l’été. Le Ministre des Affaires Canines, qui avait également la casquette de Ministre de l’Intérieur, était même intervenu à plusieurs reprises, convoquant des réunions interministérielles, et expliquant au journal de 20 heures que certains croisements, comme par exemple, le labrador et le teckel, pouvaient aboutir à la naissance de véritables monstres. Le gouvernement décida de créer un permis de détention de chien.Virginie prit peur et renonça à son projet parental, qui partait pourtant d’une intention généreuse.
Elle avait donc emménagé dans ce beau 17 mètres carré, seule, depuis quelques jours. Elle n’avait jamais désespéré de trouver, sûre d’avoir un bon dossier. Comme elle le disait, ce n’était que du bonheur ! D’autant qu’elle était à deux pas de toutes les commodités. Métro, courses, shopping. Pour 750 € par mois, que demander de plus ? A 32 ans, elle était comblée. Elle allait découvrir un nouveau quartier, populaire, cosmopolite et divers. Elle comptait s’inscrire au club de gymnastique, et pourquoi pas au rugby. Elle ignorait complètement ce sport jusqu’à cette fameuse coupe du monde dont on avait tant parlé. Elle trouvait que les valeurs d’amour et de partage propres au rugby étaient vraiment sympas. A ce sujet, elle s’était presque fâchée avec l’une de ses amies qui regrettait le caractère guerrier des danses des joueurs précédant les matchs. Entière, elle n’avait pas du tout apprécié le mot “guerrier” et encore moins le parallèle avec les lignes de CRS tapant sur leur bouclier pour effrayer les manifestants. Elle trouvait ce rapprochement policier abject – elle détestait la police – alors qu’à travers ces danses, elle retrouvait les traditions ancestrales des peuplades éloignées qui nourrissaient son imaginaire.  Elle n’avait d’ailleurs pas manqué de se rendre au musée du Quai Branly, dès son ouverture. Les Arts Premiers la fascinaient. Elle était sensible au souci de préservation des anciennes civilisations, et de façon générale, de tout ce qui devait être préservé. Enthousiaste et généreuse, elle marchait au coup de cœur et au feeling. Elle avait donc découvert le rugby à travers les différents reportages télévisés dont on abreuvait les téléspectateurs et se passionnait désormais pour les joueurs et les différentes équipes, lisant la presse spécialisée et s’achetant divers calendriers auxquels il lui était difficile de résister. Elle se surprenait de cette nouvelle passion, mais en y réfléchissant bien, elle avait connu un grand engouement pour le football quelques années plus tôt.
Virginie avait désormais l’esprit libre et pouvait partir à la conquête de la capitale. Après quelques mois de chômage, elle travaillait de nouveau et pouvait donc se consacrer à ses projets de voyage. Elle aimait beaucoup voyager. Partir à la découverte des autres et d’autres cultures. En club de préférence. L’itinéraire est fléché depuis Paris. Les lieux sont le plus souvent agréables – en Turquie, elle avait adoré le principe des falaises, derrière le complexe hôtelier – et parfaitement définis. Un peu comme à Paris, ce qui la rassurait  : appartement, bureau, métro, restaurant, terrasse de café, cinéma et boutique… Là-bas: chambre d’hôtel, piscine, salle de gym, restaurant et boutiques. Les espaces ouverts lui procuraient des bouffées d’angoisse. Elle profitait donc au maximum. Les voyages étaient devenus très accessibles depuis une dizaine d’années. Les compagnies aériennes à bas coût s’étaient développées, se livrant une guerre acharnée, et proposaient des vols à des prix défiant toute concurrence. Elles étaient fondées sur des modèles ultra capitalistes qui permettaient de réduire au maximum les coûts de fonctionnement en exerçant notamment une véritable prédation sur le personnel. Même si Virginie avait une sensibilité sociale exacerbée, adorait José Bové et détestait le monde capitaliste responsable de la crise mondiale, elle préférait ne pas trop se poser de questions pour les vacances. La prédation, pour le coup, lui procurait un avantage certain et lui assurait des vacances au soleil en plein mois de janvier. Elle avait cette manie, comme ses contemporains, de rechercher les 30 degrés en dessous desquels on grelotte. Ce qui n’arrangeait pas son bilan carbone. Pour compenser, elle veillait à ne pas manger de tomates ou de fraises en hiver. Sauf les fraises Tagada. Elle était évidemment très inquiète pour la planète. Peut-être pas autant que Yann Arthus-Bertrand. Mais quand même.
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Johnny Hallyday : l’angoisse, l’enquête

13/12/2009

Johnny Hallyday a été opéré le 26 novembre 2009 par son médecin, le Dr Delajoux, d’une hernie discale. Quelques jours plus tard, le chanteur s’envolait pour Los Angeles où il atterrissait en fauteuil roulant. Il s’était plaint de violentes douleurs pendant le voyage. Pris en charge à son arrivée, les médecins de Los Angeles l’ont opéré dans la nuit du mercredi au jeudi 10 décembre. Johnny Hallyday a ensuite été plongé dans un coma artificiel le même jour. A son réveil le vendredi matin, il a reconnu Laetitia. Mais il aurait préféré à nouveau être plongé dans un coma artificiel en apercevant son producteur, Jean-Claude Camus, penché sur lui. Depuis vendredi, le Dr Delajoux subit de violentes attaques de la part du producteur de Johnny Hallyday qui déclare que le médecin aurait massacré l’intervention chirurgicale, selon des propos tenus par les médecins de Los Angeles, et précise qu’il n’aurait pas dû laisser le chanteur  prendre l’avion. Mauvais augure, ses proches sont arrivés les uns après les autres à Los Angeles et déclarent qu’il serait tiré d’affaire. Nikos Aliagas qui serait une personnalité connue, proche du chanteur, précise l’avoir trouvé serein. Tout cela est à prendre avec la plus grande prudence. On se souvient en effet que lors de la disparition de Charles Trénet, on avait pu dire les jours précédents qu’il se portait aussi bien qu’il pouvait. Johnny Hallyday devrait sortir du coma artificiel en début de semaine. L’équipe médicale demande cependant à tenir Jean-Claude Camus éloigné à ce moment, afin d’éviter tout choc post-opératoire.

Coïncidence, dans la soirée de vendredi, le chirurgien du chanteur a fait l’objet d’une agression. C’est au moment de sortir de son domicile du 17 ème arrondissement de Paris qu’il a été attaqué par deux personnes portant cagoules et blousons noirs, devant témoins et surtout devant ses deux enfants. L’agression est confirmée par les services de Police qui précisent qu’elle s’est déroulée vers 22 h 30 vendredi soir. Questions : où pouvait bien se rendre à 22 h 30 le Dr Delajoux accompagné de ses enfants ? Est-ce une heure pour sortir ses enfants ? Le Dr Delajoux connaît-il le Dr Godard ? Qui a commandité l’agression ?  On peut tout de suite exclure que Johnny Hallyday soit l’auteur de l’agression. Il était à ce moment précis à Los Angeles, dans un état comateux, en train de converser avec son ami Nikos Aliagas. Son alibi semble solide. Le producteur, qui a  certes mauvaise mine, semble devoir être mis hors de cause, même s’il s’est montré très virulent à l’égard du médecin, menacé de procès. Le Dr Delajoux, dont l’agression a causé un enfoncement de la cage thoracique et un coquard, est parvenu pendant l’attaque à arracher la cagoule à l’un des agresseurs. Il a remis cette cagoule samedi aux services de Police afin de procéder à une recherche ADN sur des fragments de cheveux qui seront envoyés aux experts du FBI pour analyse. Cette affaire semble prendre en effet une tournure diplomatique : les médecins français des compagnies d’assurance devraient se rendre à l’hôpital de Los Angeles en début de semaine pour prendre connaissance de l’état de santé du rockeur et de la nature exacte de l’intervention chirurgicale. Le Dr Delajoux ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le fond, en l’absence d’informations médicales sur l’état du patient. Enfin, l’avocate du chanteur informe, dans une dépêche de l’AFP reprise par le parisien.fr, que Johnny Hallyday, plongé dans le coma artificiel depuis vendredi matin, étudiait cependant d’éventuels recours contre le chirugien parisien, pour vérifier la conformité de la pratique médicale et communiquera sa décision la semaine prochaine. On le voit, de nombreuses zones d’ombre demeurent dans cette ténébreuse affaire qui semble ne reposer que sur une cagoule. Le producteur fera tout pour que Johnny Hallyday remonte sur scène dès le 8 janvier prochain.

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Marie Ndiaye, figure de la résistance?

11/11/2009

La petite polémique suscitée par les propos d’Eric Raoult, demandant que le lauréat du Prix Goncourt s’oblige à un devoir de réserve, peut être prise à contre-pied.

Marie Ndiaye a déclaré au magazine les http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/lecrivain-marie-ndiaye-aux-prises-avec-le-monde/?tx_ttnews%5BsViewPointer%5D=1&tx_ttnews%5Btt_content%5D=138&cHash=6c3672d57c en août 2009, lors de la sortie de son roman “Trois femmes puissantes”, qu’elle avait quitté la France avec sa famille pour Berlin, après les élections présidentielles “en grande partie à cause de Sarkozy”. Elle s’est exilée en quelque sorte à l’étranger, craignant sans doute les persécutions qui allaient s’abattre sur le pays, qu’elle n’hésite pas à qualifier de ”monstrueu[x]“. De la part d’un écrivain, les mots ont un sens.
Marie Ndiaye a des principes avec lesquels elle ne transige pas. On peut regretter son départ. Il eût été plus courageux de rester en France pour entrer en résistance. Car c’est bien de cela dont il est question et de ce que cela sous-entend. Les propos de l’écrivain établissent évidemment une analogie avec  la France des années 40. On en revient toujours là. Et bien sûr, ceux d’Eric Raoult sont analysés comme la volonté d’une censure rappelant la-période-la-plus-sombre-de- notre-histoire. Marie Ndiaye a préféré la fuite. On peut respecter son choix. A-t’elle pensé à tous ceux qui ne pouvaient se permettre de quitter le navire et qui subissent ce terrible régime depuis plus de deux ans ?
En revanche, il faut aller au bout de la logique et assumer ses idées avec courage, surtout lorsque sont en cause la liberté, la fraternité, la République.
Peut-on revenir dans une France “monstrueuse” pour assurer la promotion de son roman et des ventes substantielles ? Et surtout, doit-on prendre le risque de traverser la frontière pour recevoir le Prix Goncourt ?
Il faut croire que l’argent et les honneurs délivrés par ce pays monstrueux valent bien la compromission et méritent qu’on s’asseye sur ses principes. Il n’est pas donné à tout le monde de … résister.

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