Articles Tagués ‘Presse’

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Marie Ndiaye, figure de la résistance?

11/11/2009

La petite polémique suscitée par les propos d’Eric Raoult, demandant que le lauréat du Prix Goncourt s’oblige à un devoir de réserve, peut être prise à contre-pied.

Marie Ndiaye a déclaré au magazine les http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/lecrivain-marie-ndiaye-aux-prises-avec-le-monde/?tx_ttnews%5BsViewPointer%5D=1&tx_ttnews%5Btt_content%5D=138&cHash=6c3672d57c en août 2009, lors de la sortie de son roman “Trois femmes puissantes”, qu’elle avait quitté la France avec sa famille pour Berlin, après les élections présidentielles “en grande partie à cause de Sarkozy”. Elle s’est exilée en quelque sorte à l’étranger, craignant sans doute les persécutions qui allaient s’abattre sur le pays, qu’elle n’hésite pas à qualifier de ”monstrueu[x]“. De la part d’un écrivain, les mots ont un sens.
Marie Ndiaye a des principes avec lesquels elle ne transige pas. On peut regretter son départ. Il eût été plus courageux de rester en France pour entrer en résistance. Car c’est bien de cela dont il est question et de ce que cela sous-entend. Les propos de l’écrivain établissent évidemment une analogie avec  la France des années 40. On en revient toujours là. Et bien sûr, ceux d’Eric Raoult sont analysés comme la volonté d’une censure rappelant la-période-la-plus-sombre-de- notre-histoire. Marie Ndiaye a préféré la fuite. On peut respecter son choix. A-t’elle pensé à tous ceux qui ne pouvaient se permettre de quitter le navire et qui subissent ce terrible régime depuis plus de deux ans ?
En revanche, il faut aller au bout de la logique et assumer ses idées avec courage, surtout lorsque sont en cause la liberté, la fraternité, la République.
Peut-on revenir dans une France “monstrueuse” pour assurer la promotion de son roman et des ventes substantielles ? Et surtout, doit-on prendre le risque de traverser la frontière pour recevoir le Prix Goncourt ?
Il faut croire que l’argent et les honneurs délivrés par ce pays monstrueux valent bien la compromission et méritent qu’on s’asseye sur ses principes. Il n’est pas donné à tout le monde de … résister.

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Le magazine LE POINT

01/11/2009

Le magazine Le Point est-il un hebdomadaire d’informations ? La question peut se poser à la lecture du n°1935 du 15 octobre 2009.

L’article « Un ministre sous les bombes » au sujet de Frédéric Mitterrand est en effet très instructif. On y apprend qu’il a fait installer une sonnette à sa table pour ne pas avoir à appeler le personnel de service lors de ses déjeuners. Le journaliste s’interroge : « Mégalomanie ? Réminiscence d’une enfance ultrabourgeoise ? ». Voilà un beau sujet d’enquête…

Un peu plus loin, ce sont des travaux de réfection au ministère qui, paraît-il, auraient alimenté des critiques. Elles sont justifiées par le journaliste : « pour permettre au ministre de prendre une douche, de se changer et de se reposer d’un éventuel décalage horaire ». Comme c’est gentil !

Et ce n’est pas fini. L’article rapporte les propos d’un membre de l’Académie de France à Rome : « Frédéric Mitterrand est d’une probité remarquable. A la Villa Médicis, il ne laissait à personne le soin de ramasser les crottes de son chien dans le jardin. » Incroyable ! C’est bien Le Point que vous lisez, un hebdomadaire national, lu par l’élite économique et politique de notre beau pays.

Ca continue encore un peu plus loin dans les propos du journaliste qui décidément ne peut plus se retenir : « [...] quelle maestria dans l’art d’apaiser les tensions d’un trait d’esprit ou dans sa façon bien à lui d’arpéger la gamme de l’autodénigrement et de l’autodérision ».

Enfin, on apprend des mots mêmes du journaliste que Frédéric Mitterrand est quelqu’un de gentil ! « Alors, comme toujours, on lui pardonne. Parce qu’il est gentil. Vraiment. » Et d’enfoncer le clou en rapportant les propos de l’un de ses amis : « Et généreux au-delà de ce que l’on imagine » !

Si Frédéric Mitterrand avait besoin de réconfort, il pouvait compter sur Le Point pour faire couler la petite larme des personnes âgées qui lisent, seules et sensibles, ce magazine, quelque part dans les provinces reculées où l’on vote à droite.

Ce ton compatissant qui devrait être réservé à Paris Match ou Point de vue Image du monde, c’est le nouveau ton du Point depuis deux ou trois ans.

Des articles élogieux de Cécilia Sarkozy négociant, rendez-vous compte, pendant près de 24 heures sans dormir ! avec les autorités libyennes pour faire libérer des infirmières à ceux concernant Rachida Dati, puis Rachida Dati et Carla Bruni, leur haine mutuelle, leur rivalité (on se souviendra de l’article très politique du Point rapportant cette petite phrase de Carla, alors qu’elle faisait visiter à Rachida ses appartements privés de l’Elysée et notamment la chambre présidentielle : « Tu l’aurais bien aimée cette chambre » !), c’est l’information politique, l’analyse politique selon Le Point.

Le pire peut-être, c’était de lire à longueur de semaine, pendant des mois, les articles de Catherine Pégard, journaliste phare du magazine, commentant et analysant la campagne présidentielle et apprendre, quelques jours après l’élection de Nicolas Sarkozy, qu’elle était nommée conseillère spéciale du Président !

Et tout cela, sans aucun commentaire dans la presse. Et les journalistes qui se plaignent de ne plus être lus et qui n’aiment pas qu’on dise qu’ils sont vendus au pouvoir.

Après le renvoi de Jaques Chirac devant le Tribunal Correctionnel de PARIS, on attend avec impatience les articles du Point sur son champion dans le style emphatique : cet animal politique sait qu’il livre là son dernier combat et que, s’il ne veut pas déchoir au yeux des Français, qui lui pardonnent, il devra à nouveau forcer son destin.

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CANIS CANIS

06/10/2009

Comme tout être animé, le Canis Canis a ses périodes. Les médias s’en font l’écho régulièrement. Ainsi, reprenant mes carnets où je consigne scrupuleusement le moindre fait divers, j’ai remarqué que la saison estivale constituait, pour le meilleur ami de l’homme, un cap assez difficile à passer, un risque de syndrome dépressif. La chaleur écrasante sur le pelage porte les nerfs à vif. On notera par ailleurs que le Canis Canis n’est pas le seul à être sensible aux saisons. Les statistiques mettent en évidence des pics de décès pendant l’été et durant l’hiver chez nos amies les personnes âgées. La question est entière de savoir si le Canis Canis pourrait être atteint par la grippe porcine. Pour cela, nous attendons l’automne avec impatience. Cette année, la grippe est mauvaise.

Mes notes relèvent à la fin de l’été 2007 une recrudescence d’attaques de chien, largement rapportée par les journaux télévisés et les radios, à la source de drames familiaux, les jeunes enfants étant en général les principales victimes.

L’émoi, comment ne pas le comprendre, étant si grand, le Ministre des Affaires Canines, Michèle Alliot-Marie, est intervenu à plusieurs reprises à la télévision pour dire son indignation et expliquait très sérieusement que certains croisements (boxer et labrador) – il ne s’agit pas ici de stigmatiser telle ou telle race de chiens – pouvaient aboutir à la création de véritables monstres.

Le Canis Canis, manifestement sourd aux imprécations du Ministre, continuait ses méfaits. Les attaques se répétaient. Il était temps de réagir. Allant jusqu’à convoquer une réunion interministérielle sur cette question, dans la torpeur de l’été, des mesures, dont on a depuis assez peu entendu parler, furent envisagées, notamment la création du permis de posséder un chien avec test d’aptitude au dressage pour le maître.

Encore récemment, on a appris qu’un chien mordeur, rebelle à la loi, avait attaqué un enfant. Mais l’été n’étant pas encore passé, il est trop tôt pour établir des statistiques et faire un bilan.

La question est cependant loin d’être réglée. Un reportage de France 2 a attiré notre attention en avril dernier sur un fait canin en cours de développement, encore assez méconnu, sur lequel les autorités semblent jeter un voile pudique. Phénomène nouveau, les cités et terrains vagues de certaines villes de Seine-Saint-Denis seraient investies par les chiens errants, toujours plus nombreux. A tel point, apprend-on, que certains habitants craignent de sortir et de laisser leurs enfants jouer dehors.

La Police, saisie de ce problème de sécurité publique, mal préparée, ayant par ailleurs d’autres chats à fouetter, tente d’intervenir. On se doute bien cependant que derrière cette nouvelle forme de délinquance se pose une autre question, plus politique et autrement plus sensible : le contrôle des chiens sans papiers aux frontières. On l’aura tous compris : les chiens errants de Seine Saint Denis sont en situation irrégulière.

Des opérations de capture sont menées par des brigades spécialisées, une traque sans pitié est ouverte. On rapporte ici ou là qu’un chien se serait défenestré. Des contrôles de Police seraient même organisés à la sortie des écoles de dressage ! C’est sans compter avec les associations de défense des chiens clandestins qui compliquent la tâche de la Police. Elles ne craignent ni les morsures, ni les poursuites pénales pour aide aux chiens en situation irrégulière.

Quelle est l’origine de ce grave phénomène de société, sujet de reportage du journal de 20 heures ? D’où viennent ces chiens ?

Perspicace, le journaliste de France 2 fait aussitôt le lien avec le sud de l’Italie dont les régions côtières sont également infestées de chiens errants terrorisant la population. Il fallait en effet toute la sagacité de ce journaliste. Afin de réaliser une enquête fouillée, et le souci de l’information chevillé au corps, il s’est envolé pour l’Italie où nous avons pu entendre les témoignages apeurés de la population.

En réalité, on peut imaginer – on voit combien mon imagination est sollicitée par ce reportage – que la rédaction de France 2 a reçu ces images d’Italie. Quel traitement leur réserver ? Mais Coco, pourquoi ne pas parler des chiens de Seine-Saint-Denis et des chiens italiens dans un même sujet ? Eh, oui, Coco, fallait y penser ! La question a dû être débattue poils et griffes lors des réunions de la rédaction de France 2 avec, toujours, ce souci d’informer et la déontologie du journalisme…

Cependant, après autant de réflexions journalistiques, nous restons stupéfaits et vaguement inquiets à l’issue de ce sujet.

Il n’apporte aucune explication au téléspectateur sur la recrudescence de chiens errants dans nos banlieues.

De plus, la juxtaposition du problème canin français et du problème canin italien dans le même reportage me laisse perplexe : ma maîtresse de CE 1 m’a toujours appris qu’on ne mélangeait pas les serviettes et les torchons ! S’il est à peu près certain que le journaliste de France 2 n’a pas fréquenté la même école que moi – ce qui manifestement est une grande lacune – et que cette formule, qui a le mérite de marquer les esprits des élèves attentifs devenus beaucoup plus tard téléspectateurs avisés, concerne une règle d’arithmétique qui veut que l’on n’additionne pas les unités et les dizaines, il laisse entendre l’existence d’un lien entre les deux phénomènes de société exposés.

Assez logiquement, ma réflexion m’oriente vers cette solution implicite : une migration de chiens italiens vers la France.

Peut-on compléter cette hypothèse ? Des cohortes de chiens migrants, efflanqués, fuyant leur maître pour des raisons politiques, ne supportant plus leur vie famélique autour des décharges, se presseraient sur les côtes d’Afrique du Nord, traverseraient la Méditerranée au péril de leur vie, parfois sans gilet de sauvetage, dans des embarcations de fortune, pour gagner nos banlieues via l’Italie en espérant une prise en charge par la fondation Brigitte BARDOT.

Ce reportage illustre également une nouvelle forme de journalisme télévisé, promis à un bel avenir : le journalisme participatif, qui semble devenir la norme à la télévision.

Le téléspectateur échafaude une histoire à partir d’un sujet télévisé et la soumet ensuite à la rédaction.

David PUJADAS donne la bonne réponse quelques jours plus tard.

Le gagnant passe à la fin du journal de 20 heures et devient célèbre.

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