h1

Exposition Henri Cartier-Bresson – Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris

06/10/2009

Académie Militaire West Point 1947 - H. Cartier BressonParmi les soixante-seize photographies d’Henri Cartier-Bresson exposées au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris pendant l’été 2009, j’ai marqué un arrêt plus long devant l’une d’entre elles, prise en 1947 à l’Académie Militaire de West Point aux Etats-Unis. Cette photographie montre au premier plan trois jeunes élèves officiers pris de dos. Au deuxième plan, deux jeunes femmes, qui nous font face et les regardent. Puis, encore derrière, la foule présente.

Le photographe a su saisir ces deux jeunes femmes dont l’attitude diffère légèrement, manifestement ravies de côtoyer de jeunes officiers.

La jeune femme de droite, en passant devant le jeune militaire, cherche à capter son attention. La tête tournée vers lui et le regard direct, elle sourit franchement. A sa main droite portée à son oreille, elle adopte une gestuelle spécifique démontrant par là son intérêt.

On imagine que les officiers doivent se montrer insensibles à toute manifestation à leur égard et qu’il leur est peut-être difficile de ne pas entrer à leur tour dans ce petit jeu.

L’autre jeune femme ne semble pas exactement dans le même état d’esprit. A la différence de son amie – on ne sait d’ailleurs si elles sont amies – elle fait face au jeune officier situé au milieu et lui sourit à demi. Elle le regarde mais son regard semble suspendu. Elle lui fait face mais elle est ailleurs, avec lui.

Le brouhaha de la foule entoure évidemment les protagonistes de la photographie. La première jeune femme est dans cette foule, dans son mouvement. Elle croise un jeune militaire et lui sourit, comme un amusement, cherchant à provoquer une rencontre.

Dans le regard de la deuxième jeune femme, la foule n’est plus là et le brouhaha qu’un murmure. Tout s’est arrêté. Tout est suspendu à ce regard.

Cette photographie se joue dans cet instant là, à ces deux regards lancés dans un même jeu, au même moment, qui pour l’un ne durera que quelques secondes, dans la bousculade, et pour l’autre, plus profond, restera hors du temps.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :