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Des bandits du sud en mission dans l’Eure

19/05/2014

Jugés à Evreux pour association de malfaiteurs et tentative d’extorsion de fonds, ils avaient harcelé un négociant en véhicules de luxe en 2008 et 2009.

D’abord, il y a Mario. Né à Gênes en janvier 1964, il a 50 ans. On ne saura pas grand chose de lui. Il ne s’est pas déplacé à l’audience du tribunal correctionnel d’Evreux ce vendredi. Le procureur de la République le regrette. Il le qualifie de « grand manipulateur ».

Simon. Domicilié à Marseille. Chez sa sœur ou sa mère, c’est selon. Il est présent à l’audience. Pas très grand, blouson et polo noir, la calvitie ensoleillée et l’accent du sud. Simon, 53 ans, est bardé de diplômes : vols à mains armées, proxénétisme. Condamné par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Rangé des camions depuis 15 ans. « Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?» lui demande la présidente. « J’bricole ».

Kumel, 36 ans, marseillais. Absent de l’audience mais représenté. Déjà condamné pour vol et violences.

Et enfin, Jérôme, parisien, 44 ans. Veste élégante, chemise grise, crâné rasé et barbe soignée, il est expert-comptable et se demande presque ce qu’il fait ici.

Tous les quatre s’étaient un peu perdus de vue depuis le 26 novembre 2009 : ils avaient été interpellés ce jour là au portail de leur victime.

Simon, Kumel et Jérôme ne se connaissent pas et c’est l’Italien qui les réunit pour extorquer des fonds à un négociant en véhicules de luxe eurois.

C’est l’histoire de quatre bandits avec des saveurs de Méditerranée et des couleurs d’Italie.

L’Eurois achète à Mario une Ferrari. Il la revend. L’affaire se passe bien. Mario récidive et lui vend deux autres voitures, dont un Range Rover. Problème : une des voitures est maquillée. Entre temps, l’Italien ne lui livre pas un Porsche Cayenne. Le négociant veut récupérer le véhicule et se rend alors dans le sud. Il joue de malchance : Mario est incarcéré, dommage. Quand ce dernier sort de prison, il veut laver l’affront : « il considère que le négociant a une dette d’honneur car il a osé venir récupérer le véhicule » explique l’avocate de l’Eurois. Un autre avocat ironise : « c’est le droit italien ».

L’enfer commence pour le négociant et ça durera plus d’une année. L’Italien va exercer de fortes pressions : il envoie « des gitans » à son garage, selon les mots de la présidente. Puis des hommes de mains se rendent à son domicile. Le 14 octobre 2009, Kumel bloque le portail de sa propriété et regarde l’Eurois les bras croisés. Son véhicule est incendié. Il est battu violemment. Une autre fois, il parvient à les faire fuir en manoeuvrant et touchant Mario avec son véhicule. Menaces téléphoniques : « On va violer ta femme, on va brûler ta baraque ». Car l’Italien lui demande de payer 20 000, puis 50, 100 et 150 000 €.

Il a le cœur sur la main, Simon. « J’l’aime bien » dit-il à la barre au sujet du négociant. Il raconte qu’ils ont passé des soirées ensemble. Presque copains. « Et les messages envoyés de votre téléphone ? » lui demande la présidente. « Mais madame, ce n’était pas mon téléphone » répond-il : c’est Mario qui tire les ficelles.

Jérôme dans cette affaire a déjà fait 8 mois de détention provisoire. En 2009, ça ne va pas trop bien dans sa vie. « Il a vécu une rupture affective, il est vulnérable » explique son avocat. Et il se fait embarquer dans une sale histoire, lui qui n’a pas de casier judiciaire. Une de ses amies est aussi une amie de Mario. Et Mario lui doit de l’argent. Une idée : mettre Jérôme et l’Italien en relation. Pour l’aider à récupérer son argent. Et que Mario la rembourse ensuite. Jérôme fait connaissance du Génois le 24 novembre. Ils partent ensemble dans l’Eure le 26 novembre. Avec Simon. « Si vous alliez là-bas simplement pour discuter, pourquoi avoir pris une arme ? » demande le procureur de la République. « J’ai voulu impressionner Mario ». Il dit qu’il ignorait les antécédents entre Mario et le Normand et qu’il ne savait pas comment ça allait se passer. Pourtant, pendant l’instruction, il avait indiqué attendre une somme d’argent en contrepartie. « Un simple déplacement pour 4 ou 5 000 euros ? » ironise le procureur. Pour le parquet, il y avait un contrat.

Le tribunal condamne Mario à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis, Jérôme à 12 mois dont 4 avec sursis, Simon à 1 an de prison ferme  et Kumel à 4 mois ferme.

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