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Derrière les hauts murs de sa propriété, des pratiques pas très catholiques

10/07/2014

 

Il égorgeait chez lui des moutons selon le rite musulman ; il écope de 5 000 € d’amende.

Du fait de sa corpulence, il s’avance d’un pas lent à la barre. Mais c’est aussi le pas lent et têtu du paysan normand. Qui garde son calme, suit son idée et ne s’en laisse pas conter. Surtout pas par le tribunal correctionnel d’Evreux. Ce Bérengevillais était jugé jeudi pour complicité d’abattage clandestin d’ovins, détention illégale de cadavres d’animaux, détention non déclarée et défaut d’identification d’ovins. Les paupières tombantes, l’homme de 76 ans porte un blouson de saison sur une chemise bleue. Et une paire de bretelles pour retenir son jean.

Sur un appel anonyme, la gendarmerie se rend chez lui le 6 novembre 2011. Derrière les hauts murs qui clôturent sa propriété de Bérengeville-la-Campagne, il y a là des moutons égorgés, d’autres qui attendent leur abattage et des cadavres pendus. Au total, une quarantaine d’animaux sont en cours de sacrifice.

« J’rendais plus service qu’autre chose »

« C’était de beaux moutons ! » lance, sarcarstique, la présidente. « Nourris écologiquement » répond-il. C’est que l’insolent mène une petite retraite lucrative et industrieuse : « J’avais trois ou quatre amis parisiens, ils amenaient leurs beaux-frères ou leurs cousins ». Il leur  »offrait » un mouton pour la fête de l’Aïd-el-Kébir. « En réalité, vous ne connaissiez pas ces gens, vous avez abattu chez vous pour faire de l’argent ! » corrige la présidente. Un mouton contre 150 € en espèces. Il se justifie : « l’Etat est un petit peu fautif car les abattoirs sont fermés le dimanche au Neubourg, ils se sont cassés le nez, c’est le seul abattoir rituel de la région et j’rendais plus service qu’autre chose ».

Le procureur de la République rappelle les risques sanitaires qu’il a fait encourir aux consommateurs « en recherchant le profit ».

Quant aux deux parties civiles, la Société normande de protection des animaux et l’Oeuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, elles réclament 1 € chacune pour le préjudice moral : « Ces bêtes étaient égorgées au sol sans aucun moyen pour éviter la souffrance, les spasmes de l’agonie durent 20 minutes » rappelle Maître Maryse Bierna, leur avocate parisienne.

Mais le prévenu qui a la parole en dernier reste convaincu de son bon droit et prévient le tribunal: « Si vous me jugez mal, vous faites presque du racisme ! ».

Il est condamné à une amende de 5 000 € dont 2 000 avec sursis, au paiement d’un euro de dommages-intérêt à chacune des parties civiles et 600 € d’indemnité de procédure. Il lui est également fait interdiction d’élever des animaux de rente pendant 5 ans.

 

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